lundi 2 juin 2008

The signal

2006 - USA - David Bruckner - Dan Bush

http://www.imdb.com/title/tt0780607/

Et bien que voici un film curieux. "The Signal" commence très classiquement comme un film d'horreur indie classique. Le pitch est simplisme ; un mystérieux signal diffusé sur les télévisions, les téléphones et les radios transforme la population en autant de psychotiques meurtriers. Une jeune mariée adultère va quitter les bras de son amant pour se trouver plongée dans un cauchemar de type survival. Son mari est parti en vrille et commence à massacrer tout le monde, en fait tout le monde commence à massacrer tout le monde.
Mais le film quitte ce sentier plutôt bien balisé pour partir dans une nouvelle direction. Le signal provoque en réalité des hallucinations et le film va sans cesse basculer d'une narration objective (ce qui se passe) aux points de vue subjectifs des protagonistes (ce qu'ils croient voir). Sauf que ces transitions deviennent de plus plus imperceptibles et qu'en tant que spectateur, il devient de plus en plus difficile de faire la part des choses.
"The Signal" recycle pas mal de clichés, le trio infernal, les fous furieux à la "28 x + tard", les scènes de désordre urbain (rue + cadavres) et lie le tout dans un mélange psychédélique façon bad trip.
La dernière partie essaye de tirer la conclusion de ce dispositif original, mais un peu intello en forçant le zapping entre hallucinations réalité. Au bout de plusieurs mises en abîmes successives, j'avoue que personnellement je pense avoir manqué une marche quelque part.
Au final, il reste un film assez éprouvant, qui dépasse vraiment le cadre de départ, mais dont le scénario et la mise en scène abusent un peu trop des tics indies.

signal

mercredi 28 mai 2008

La fin du monde sur la route

Viggo Mortensen sur une route déserte et parsemée de cadavres, dans un paysage recouvert de cendres, accompagné de son jeune fils, c’est le cadre du prochain film de John Hillcoat. Adapté du livre de Cormac McCarthy « La route », Prix Pulitzer 2007, le tournage du nouveau film de l’acteur charismatique du « Seigneur des anneaux », vient de s’achever prés de Pittsburgh après quelques détours par les alentours du Mont St Helens. Les choix des décors ont été faits en fonction de critères économiques, mais aussi de façon à coller à l'ambiance "tout gris" du livre. À l'opposé d'un film apocalyptique de type "Mad Max", "La route" cherche les rendus les plus réalistes possible pour crédibiliser l'atmosphère du film. De même, les jours de météo maussade furent préférés à ceux ensoleillés qui devront voir leur lumière retouchée numériquement.
Le Roman propose une vision particulièrement sombre d’un futur indéterminé après un cataclysme qui n’est lui-même jamais explicité. L’humanité est réduite à quelques lambeaux, et le personnage de Vigo Mortensen apparaît comme la dernière vraie figure humaine.
A découvrir en salle en novembre 2008.

dimanche 25 mai 2008

La fin du monde en chanson Love at the end of the world

Dans F2fdm, on ne parle pas que de cinéma, tout ce qui concerne la fin du monde nous interpelle.
Et décidément, ce thème semble particulièrement présent en cette période.

Qui sommes-nous ?
D'où venons-nous ?
Où allons-nous ?
De tout temps, certains ont répondu "dans le mur" à cette dernière question.
C'est le cas de Sam Roberts, rocker Canadien encore peu connu de ce coté-ci de l'atlantique, qui prend la 1ére place des ventes d'album cette semaine dans son pays avec sa nouvelle galette : "Love at the end of the world".
"Love at the end of the world" est son 3éme album, un album plus mure que les précédents, plus adulte (Sam est est un jeune papa depuis un peu plus d'un an) mais définitivement rock.
Nouveauté oblige, impossible de vous proposer un lien vers la chanson sur deezeer ou autre flux de stream audio, la vidéo n'est pas disponible sur YouTube non plus. En attendant je vous propose une vidéo (fan version) d'une chanson de son album précédent "Where have all the good people gone", preuve que l'univers de Sam Roberts et celui de la fin du monde se croise souvent, "Where have all the people gone" est un téléfilm classique sur le thème du dernier homme sûr terre...


vendredi 16 mai 2008

La fin du monde au festival de Cannes

Don McKellar, le réalisateur (et acteur) de Last Night, est le scénariste (et acteur) du film d'ouverture de la 61ème édition du Festival de Cannes : Blindness.

Blindness raconte, l'histoire d'une ville ou toute la population devient aveugle (échos de Children of the Men et de Happening ).

J'ai bêtement renversé un verre de vin rouge sur mon smoking blanc, ce qui m'a empêché de rendre à la projection au Palais des Festival, je ne peux donc pas vous parler de ce film aujourd'hui, mais je vous renvoie vers une excellente interview de Don McKellar sur le site Evene.fr.




vendredi 9 mai 2008

Last Night

1998 - Canada - Don McKellar

http://www.imdb.com/title/tt0156729/




Réalisé et interprété par Don McKellar, "Last Night" est un sympathique boy meet girl pendant la fin du monde. Tout d'abord, dissipons un malentendu, ici, point de visions urbaines d'apocalypse, pas (ou si peu) d'effets spéciaux de rampage. Tous les passages obligés du genre sont réduits à leur plus simple expression, des rues semi désertées et quelques voitures renversées, de la fumée s'échappant d'un building, voilà tout.

Le film propose également quelques contrepieds radicaux à l'ambiance attendue. Ici pas de tragédie ou d'hystérie collective, à de rares actes de violence près, la foule cherche plutôt l'oubli dans une sorte de rave géante. Pas non plus de deus ex machina ou d'explication sur la cause de la catastrophe, les dernières images suggèrent plutôt une origine cosmique, mais rien n'est jamais dit.


Pour le réalisateur, l'enjeu se porte essentiellement sur les personnages, les choix qu'ils font pour leurs dernières heures et les suprêmes tours que va leur jouer le destin. Pour Patrick qui vient de vivre un deuil éprouvant, le choix est celui de la solitude, et surtout loin de sa famille (assez étouffante). Pour Sandra, jeune mariée, l'objectif est de rejoindre son époux à l'autre bout de la ville pour pouvoir se suicider mutuellement avec lui. Pour Alex, l'ami de Patrick, son énergie est consacrée à l’exploration de ses ultimes phantasmes sexuels.


Mais quand il ne reste plus que six heures à vivre, on peut être sur que rien ne se passera comme prévu.


"Last Night" est un f2fdm complètement atypique, à l'opposé du genre catastrophe ou anticipation, il propose plutôt une réflexion sur nos vies et nos choix.


Et vous s'il vous restait six heures à vivre, comment les passeriez-vous ?

mercredi 30 avril 2008

On the beach Le dernier Rivage / La fin du monde

1959 - USA - Stanley Kramer

http://www.imdb.com/title/tt0053137/


2000 - Australie/USA - Russell Mulcahy


http://www.imdb.com/title/tt0219224/


Aujourd'hui, deux films pour le prix d'un. Un classique américain, sorti courageusement en pleine guerre froide et son remake, réalisé quarante ans plus tard pour la chaîne de télévision Showtime. Il est souvent de bon ton de railler les remakes et de préférer les classiques, les choses ne sont pas aussi simples ici.



Mais avant de rentrer dans un regard croisé entre les versions, plantons le décor. Et quel décor, certains commentaires sur les forums parlent du film le plus déprimant du monde, je ne suis pas loin de partager leur avis : Une guerre nucléaire massive à eu lieu (USA vs Russie dans la version de 1959, USA/Chine dans celle de 2000), l'hémisphère Nord est entièrement détruit. Un sous-marin américain fait route vers l'Australie pour essayer de trouver une région épargnée par les retombées radioactives. Arrivé à Melbourne, l'équipage apprend que leur répit sera de courte durée, d'ici 4 à 5 mois, les vents mondiaux auront rabattu sur l'hémisphère austral un taux de radioactivité lethal pour l'ensemble de la population. Après une dernière tentative pour retrouver d'éventuels survivants et une région miraculeusement préservée, le commandant du sous-marin retourne en Australie pour y mourir...



 


Du lourd.


 


Soyons clair, dans les deux cas, il s'agit d'un mélo. Des rapports complexes, amicaux et amoureux vont se nouer entre le commandant du sous-marin, un officier de la marine australienne, sa femme, sa belle-soeur et l'ex de celle-ci.


Sauf qu'au final, tout le monde meurt.



 


La version de 59 est très classique, Stanley Kramer réalise un film très sobre, bien sur très sombre, certainement un peu prisonnier du best-seller dont il est tiré, mais servi par un casting éblouissant. Gregory Peck est bouleversant dans le rôle d'un militaire complètement détruit par la disparition de sa femme et de ses enfants, Ava Gardner est peut-être un peu classique, mais Anthony Perkins assure lui une prestation hallucinante d'humanité dans le rôle d'un jeune père amené à affronter l'inacceptable. Petit bémol, Fred Astaire dans le rôle du savant un peu décalé est légèrement à côté de la plaque.



 


La version de 2000 est à la fois très proche, dans le sens ou elle reprend la quasi-intégralité de la trame de la version originale, mais également très différente. Sa durée, plus de trois heures (une heure de plus que la version 59) offre des possibilités de creuser des pistes peu ou pas explorer jusqu'ici. En particulier de sortir du cadre de l'univers des principaux protagonistes pour brosser des tableaux urbains de pure fin du monde particulièrement saisissants. Le format du téléfilm, plus de métrage et moins de budget, donc a priori peu performant, apporte paradoxalement, grâce à des scènes un peu banales, une profondeur inattendue. Le casting perd en prestige ce qu'il gagne en authenticité (contrairement à la version de 59, les personnages australiens sont interprétés par des acteurs locaux). Armand Assante est un peu trop mâchoire carrée, Rachel Ward est absolument insupportable dans le rôle d'une fofolle alcoolique, mais le reste de l'interprétation est remarquable



 


La construction des films est très classique, une phase d'exposition avec l'arrivée en Australie, la description de la situation et de ses enjeux et bien sur la présentation des personnages. La mission vers San Francisco(1959) ou Anchorage (2000) relance un peu la pression en offrant de nouveau un espoir de survie. La conclusion absurde de cet épisode (dans les deux versions, c'est une simple canette de Coca qui est à l'origine de l'émission de faux messages d'appel au secours) plombe alors lourdement l'ambiance. La dernière partie, la plus poignante, va placer chaque personnage face au seul choix encore possible, celui de choisir sa mort.



 


Car le point fort du film consiste à n'offrir aux personnages aucune autre alternative que la mort. La seule mesure que prend le gouvernement Australien pour supporter sa population consiste à distribuer gratuitement des pilules pour se suicider sans douleur et éviter l'horrible agonie due aux radiations. C'est l'ensemble du casting et la population entière qui passent alors sous nos yeux par les différentes phases décrites par le Dr Elisabeth Kübler-Ross. Cette psychiatre américaine d'origine Suisse a en effet décrit dans ses ouvrages les six étapes que traverse une personne sure de mourir : 1. Diagnostic de la maladie terminale. 2. Choc, déni. 3. Colère. 4. Marchandage. 5. Dépression. 6. Acceptation.



Le diagnostic de la maladie terminale, se sont les militaires et les scientifiques qui le fournissent dés le début du film.


Le choc et le déni sont particulièrement centrés sur le personnage d'une jeune mère de famille, incapable d'accepter sa prochaine mort et plus encore celle de son bébé. Les tentatives faites par son mari pour lui expliquer que le plus humain est de mettre volontairement fin à leurs jours sont particulièrement bouleversantes.



La colère et la violence se manifestent plus particulièrement dans des scènes de violence urbaine et d'anarchie.


Si le marchandage n'est pas évoqué, la dépression est elle, par contre, constante, quelle que soit la version, tous les personnages sont en permanence un verre d'alcool à la main, tentant de s'abrutir pour ne pas trop déprimer. Mulcahy invente également de fortes scènes de rues remplies de personnes errantes ou à l'arrêt, visiblement complètement au bout du rouleau.


L'acceptation conclut le film par une scène de suicide familial difficilement soutenable.


 

mercredi 16 avril 2008

Day of the dead

2008 – USA – Steve Miner

http://www.imdb.com/title/tt0489018/






Quelle drôle d'idée, sans doute celle d'un producteur inspiré par le résultat plus que correct obtenu il y a deux ans grâce au remake de "Dawn of the dead", "Army of the dead", quelle drôle d'idée donc de présenter ce "Day of the dead" comme la version 2008 du 3éme volet de Romero.
Car à un ou deux noms propres, un silo à missiles, un gentil zombie et un savant fou près, on est très loin du compte.

Ici, aucun souffle épique, aucune étude de caractères au vitriol, aucun message sociétal, non, mais un petit survival horror plutôt rigolo, qui assume assez bien son absence de toute ambition autre que distractive.


Les adorateurs de Romero déversent leur bile sur les forums et crient au sacrilège, ils n'ont pas tort, mais on peut aussi passer outre et un bon moment. Quelques arguments pour se laisser aller.


Le film n'est pas trop fauché, et ne semble pas souffrir constamment de manque de moyens. Il est vrai que le casting n'a pas du coûter bien cher, les acteurs ne sortant visiblement pas de l'Actor's studio.


Des scènes de folie collective assez originale et plutôt bien menées. L'hôpital où convergent tous les futurs morts-vivants se transforme en quelques secondes un véritable lieu de fin du monde ou tout le monde se court après (même au plafond) pour se dévorer, sympa.


Du gore assumé, bien crade et bien saignant. Des effets spéciaux de maquillage d'un bon niveau et certainement quelques retouches numériques pour finaliser et surtout en quantité abondante.


Bref, rien d'incontournable, surtout oublier le titre, et sinon ressortez votre DVD du vrai "Day of the Dead".